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Avant 1934

Antisémitisme

Après avoir traduit l’hostilité fondée sur la religion puis sur la théorie des races, le terme antisémitisme désigne toute manifestation de haine, d’hostilité et de discrimination à l’égard des Juifs.

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La haine des Juifs existe depuis l’Antiquité. L’antisémitisme médiéval est chrétien et religieux. Les Juifs sont accusés de la mort de Jésus (en occultant le fait que Jésus était lui-même juif) et de crimes rituels. Victimes de nombreuses interdictions et persécutions, nombre d’entre eux se trouvent, par obligation, confinés au commerce et au prêt d’argent (interdit par le catholicisme comme par l’islam). Il en résulte, notamment dans la paysannerie, une identification du judaïsme à l’usure, surtout en Europe centrale et orientale.

 

À l’époque contemporaine, l’antisémitisme revêt deux nouvelles formes. Avec le développement du capitalisme industriel et financier, les Juifs sont désormais dénoncés comme protagonistes de l’exploitation, bénéficiaires de la « dictature du profit », et visant à la domination du monde. Le fantasme affecte presque tous les courants politiques. À gauche, en évoquant les Rothschild, on dénonce le capitalisme. À droite, on fustige les Juifs artisans des révolutions. C’est aussi, au milieu du 19ème siècle et dans la première moitié du 20ème, l’émergence d’un antisémitisme « biologique » énonçant le « caractère dégénéré » de la « race juive ». Les deux formes se combinent pour culminer dans le nazisme, contempteur du « judéo-capitalisme », du « judéo-bolchévisme » et à l’origine de la Shoah.

 

En France, le krach de l’Union générale (1882) inaugure une longue période de récession économique. Cette banque s’affirme, face aux anciennes banques juives et protestantes, comme la banque des catholiques. Sa faillite ruine des milliers de petits épargnants qui, ignorant les pratiques financières douteuses d’Émile Bontoux son créateur, en rendront responsable la banque juive (Rothschild). C’est le début d’une vague antisémite. L’ouvrage de Drumont, La France juive (1886) et l’Affaire Dreyfus (1894-1906) constituent des moments forts de la diffusion des rumeurs complotistes (le « complot » des Juifs pour la domination mondiale). Le Protocole des Sages de Sion (1901), faux antisémite fabriqué par l’Okhrana (police secrète tsariste), trouve au 20ème siècle une large audience et continue, de nos jours, à alimenter les théories du complot.

Référence :

Poliakov Léon, 1955, Histoire de l’antisémitisme, Éditions du Seuil, coll. Points Histoire.

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NC

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Mots-clés

Antisémitisme

Zone géographique

NC

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NC

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