(octobre 1941 – janvier 1942)
La bataille de Moscou rassemble les combats pour la prise de Moscou entre octobre 1941 et janvier 1942. Elle débute avec l’offensive allemande (opération Typhon) et se termine par la contre-attaque soviétique de décembre. Elle constitue l’un des tournants majeurs de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est, avec les batailles ultérieures de Stalingrad et de Koursk.
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En concevant l’opération Barbarossa contre l’URSS, Hitler et ses généraux tablent sur une guerre courte, sous-estimant les capacités d’une Armée rouge décapitée par les purges staliniennes de 1937 et peu glorieuse pendant la guerre de Finlande. Après le 22 juin 1941, l’armée allemande s’enfonce loin vers l’est, les pertes de l’Armée rouge sont énormes.
Dès août, les Allemands occupent Smolensk, mais la résistance des Soviétiques autour de la ville se prolonge jusqu’au 10 septembre et ralentit la progression nazie. En prenant Moscou, Hitler pense toujours que l’armée allemande finira la guerre avant l’hiver. Le 2 octobre 1941, les Allemands engagent l’offensive finale vers la capitale soviétique (opération Typhon), avec près d’un million d’hommes, 1 700 chars et 14 000 canons. Les Soviétiques opposent des troupes épuisées : 1 250 000 hommes, 1 000 chars et 7 600 canons. Faute de mise en alerte, l’aviation soviétique a été quasiment anéantie au sol aux premiers jours de l’opération Barbarossa. Cependant, les forces soviétiques ne se rendent pas, ce qui réduit le potentiel offensif allemand, par ailleurs très affecté par la raspoutitsa (l’enlisement). Dans ce contexte, la 4ème division de panzers embourbée tombe dans une embuscade où dominent les nouveaux chars soviétiques T-34, plus maniables dans la boue.
Pendant ce temps, Moscou se fortifie. 250 000 femmes et adolescents creusent 8 000 km de tranchées et des fossés antichars. Après le 15 novembre, les températures chutent à -30 °C. Les soldats allemands n’ont pas été pourvus en vêtements d’hiver par un état-major entêté dans l’illusion d’une victoire automnale. Fin septembre 1941, l’espion soviétique Richard Sorge affirme que le Japon n’attaquera pas l’URSS. L’Armée rouge redéploie alors une trentaine de divisions sibériennes qui, le 5 décembre 1941, réoccupent la proche banlieue de Moscou. Le front allemand est enfoncé. En mars, lorsque s’achève la contre-offensive soviétique, les nazis constatent que l’opération Barbarossa a échoué et que la guerre sera longue.
Références :
Lopez Jean & Otkhmezuri Lasha, 2019, Barbarossa. 1941. La guerre absolue, Paris. Éd. Passés composés.