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Le Bureau nazi de propagande préside à la création de l’Institut d’étude des questions juives (IEQJ) le 11 mai 1941. L’organisme est installé à Paris dans un immeuble spolié par les nazis, dont le propriétaire était le marchand d’art Paul Rosenberg. Theodor Dannecker, l’un des chefs de la police politique nazie (la Gestapo), responsable du service des questions juives, finance en partie l’Institut.
Des Français, soutiens du gouvernement collaborationniste de Vichy, y travaillent…
L’IEQJ diffuse une propagande antijuive virulente, notamment à travers plusieurs publications, Le Cahier jaune, Revivre « Le grand magazine illustré de la race » ou La Question juive en France et dans le monde.
En outre, l’IEQJ organise une exposition antisémite d’une extrême violence, Le Juif et la France, inaugurée à Paris en septembre 1941.
Le but de l’exposition, qui s’achève en juin 1942, consiste à caricaturer les Juifs et à les charger de la responsabilité des malheurs passés et présents de la France.
À la fin de 1942, l’IEQJ, conçu par les nazis, passe sous administration vichyste et se voit rattaché au Commissariat général aux questions juives ; il devient, en mars 1943, l’Institut d’études des questions juives et ethno-raciales (IEQJR) dirigé par Georges Montandon, théoricien de l’antisémitisme et propagandiste de la haine raciale.
Référence :
Billig Joseph, 1974, L’Institut d’étude des questions juives, officine française des autorités nazies en France : inventaire commenté de la collection de documents provenant des archives de l’Institut conservés au Centre de Documentation Juive Contemporaine, Ed. Paris, C.D.J.C.