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Plus d’un mois sépare l’interdiction de l’Humanité (le 26 août 1939) de celle de La Naïe Presse. Le journal continue à paraître, ce qui permet à Adam Rayski de signer le 4 septembre un éditorial dans lequel il proclame, en contradiction avec de l’Internationale communiste : « Nous, juifs, avons un compte à régler avec Hitler… l’heure a sonné, le moment est venu, une guerre sans pitié commence ».
Il fallait informer, alerter, convaincre, développer l’esprit de Résistance.
En application du décret de dissolution du Parti communiste du 26 septembre 1939, la Naïe Presse, quotidien progressiste en yiddish, est interdite de publication, circulation, distribution et mise en vente. Le 2 octobre 1939, la police notifie la décision à Gaston Barrois, directeur de la publication.
En septembre 1940, la section juive de la Main-d’Oeuvre Immigrée (M.O.I.) se reconstitue. La Naïe Presse reparaît le 29 septembre 1940, clandestinement. 90 numéros sont publiés à la fois en yiddish, sous le titre de Unser Wort (ou Unzer Vort) et en français, sous le titre Notre Parole (en zone nord) et Notre Voix (en zone sud) entre 1940 et 1944. Ces journaux diffusent des consignes de sécurité, décrivent la vie dans les camps de France, les déportations, les exécutions, l’extermination, la lutte armée du peuple de France, les dernières lettres des partisans, l’épopée que fut le soulèvement du ghetto de Varsovie.
Plusieurs rédacteurs de La Naïe Presse périssent durant l’Occupation dont son rédacteur en chef, Mounié Nadler, fusillé le 11 août 1942 au Mont-Valérien.
Référence :
Cukier Simon, Decèze Dominique, Diamant David, Grojnowski Michel, 1987, Juifs révolutionnaires. Messidor/Éditions sociales